L’ouverture du livre, et deux chapitres de l’enquête, en entier. Pas d’inscription, pas d’adresse à laisser.
Extrait
Le fil de l’eau
Introduction
Que savons-nous réellement de l’eau ? Nous sommes-nous seulement déjà posé la question ?
Je m’appelle Yannick Mytae, expérimentateur de la vie. Il y a quelques années, j’étais un inconscient de l’eau. Comme beaucoup. J’avais beau prêter attention à ma nourriture, à ma manière de me soigner, à mon hygiène de vie : l’eau, elle, restait hors de mon champ.
Il m’aura fallu tout quitter, un beau matin, avec ma femme et mes enfants, pour voyager en roulotte tractée par deux chevaux de trait à travers la France. Pendant deux ans et demi, l’eau est devenue, au sens le plus physique du terme, une priorité. Mes chevaux buvaient entre cent et deux cents litres par jour : il fallait la trouver, la porter à la main, la transporter. Et déjà se posait cette étrange distinction : une eau « potable » pour ma famille, une autre pour mes animaux…
En 2015, nous avons poursuivi ce nomadisme, cette fois dans un ancien car scolaire devenu notre maison. En quête d’autonomie, l’eau est redevenue le point central : pour être libres de nos déplacements, il nous fallait pouvoir la potabiliser nous-mêmes. C’est alors qu’est entrée dans notre vie la fontaine Mélusine, conçue par la société AquaDyn à Auroville, en Inde. Sans le savoir, mon cheminement aux côtés de l’eau venait de prendre un nouvel essor. Road trip en 4x4, expatriation au Canada, voyage en Europe dans un poids lourd aménagé : la quête, elle, est restée la même.
Goutte après goutte, je me suis mis à m’intéresser sérieusement au sujet. Après plus de quatorze ans, j’ai eu envie, à travers ce livre, de vous faire voyager à ma façon, et de vous parler de mon amie l’Eau.
Mais avant d’ouvrir la porte, disons-nous les choses. Ce livre ne cherche pas à vous convaincre. Il ne détient aucune vérité sur l’eau, et n’a pas la prétention de vous l’apprendre. Ce que je vous propose est d’un autre ordre : un chemin à éprouver. Alors ne me croyez pas sur parole. Lisez, doutez, testez, et tirez vos propres conclusions. C’est le seul pacte que je vous demande.
Pour le tenir, je m’engage à être honnête sur l’endroit d’où je parle. Tout au long de ces pages, je vous dirai toujours où je me tiens : sur le sol du prouvé, quand je pose des faits vérifiés et sourcés ; sur le seuil de ce qui s’explore encore, quand j’ouvre des questions que la science n’a pas tranchées ; ou dans mon expérience à moi, quand je partage une intuition, une hypothèse, un vécu. Vous saurez toujours distinguer les trois. C’est cela qui vous laissera libre.
C’est aussi pourquoi je commence par le plus dur, le plus concret : le poison. Avant de vous emmener vers le subtil, j’ai besoin de vous ancrer dans le réel, pour que, le moment venu d’aller plus loin, vous soyez lestés, et non emportés.
Car c’est bien un voyage que je vous propose : du poison au sacré, du dehors au dedans, du consommateur au gardien. Nous partirons de ce que l’eau a perdu — sa pureté, sa vitalité — pour découvrir ce qu’elle est vraiment : bien plus qu’une simple molécule, une matière vivante qui porte, garde et transmet. Puis nous redescendrons au concret, transformés par ce que nous aurons vu, pour apprendre à décrypter, filtrer et choisir notre eau quotidienne.
De là, le chemin s’infléchit vers l’intérieur. L’eau cesse d’être un objet pour devenir une présence avec laquelle entrer en relation, un miroir de ce que nous sommes. À travers des pratiques, des récits et des expériences à mener, elle nous accompagnera jusqu’au cœur du propos : non pas savoir l’eau, mais l’intégrer, dans sa pratique, dans sa vie, dans sa manière d’être au monde.
Huit parties, cinquante chapitres, et une seule intention : vous rendre à votre propre expérience de l’eau.
Bon voyage.
Partie I : L’eau, un poison indolore
Introduction : Réveiller nos consciences
L’eau nous entoure, nous compose, nous maintient en vie. Sa clarté apparente nous rassure, évoquant la pureté, la simplicité. Pourtant, derrière cette façade limpide se cache une réalité complexe et souvent inquiétante. L’eau que nous consommons aujourd’hui, qu’elle provienne du robinet ou de la bouteille, n’est plus l’eau vive et originelle qui a façonné la vie sur Terre. Elle est devenue, insidieusement, un vecteur de toxicité chronique, un poison indolore que nous absorbons jour après jour.
Ce constat n’est pas destiné à susciter la peur, mais à éveiller nos consciences. Car la première étape vers la régénération, tant personnelle que collective, passe par un regard lucide sur l’état réel de cet élément essentiel. Il est temps de déconstruire le mythe confortable de l’eau « potable » et de comprendre les enjeux invisibles qui se jouent dans chaque verre que nous buvons.
Chapitre 1 : Le mythe de la transparence
Notre société a hérité d’une perception souvent binaire de l’eau : une eau trouble, colorée ou odorante est instinctivement perçue comme potentiellement dangereuse, tandis qu’une eau limpide, claire et sans goût apparent est considérée comme saine et sûre. Comme l’exprime le dicton populaire, « méfie-toi de l’eau qui dort », sous-entendant que le danger réside dans ce qui est caché, mais paradoxalement, nous faisons une confiance aveugle à l’eau transparente qui sort de nos robinets. Cette perception est un héritage du passé, où les risques sanitaires majeurs étaient fréquemment liés à des contaminations visibles ou immédiatement perceptibles — bactéries pathogènes causant des épidémies fulgurantes, pollutions industrielles grossières au plomb ou à l’arsenic qui altéraient l’aspect ou le goût de l’eau. Notre jugement se base encore largement sur ce paradigme dépassé qui associait sécurité et absence de toxicité aiguë, c’est-à-dire l’absence de maladie immédiate après ingestion.
Aujourd’hui, si ces risques historiques ont été largement réduits dans nos pays occidentaux grâce aux traitements (désinfection, filtration sommaire) et aux contrôles sanitaires, le véritable danger a muté. Il est devenu insidieux, invisible à nos sens et souvent à nos analyses courantes. Les polluants modernes sont une soupe chimique complexe : molécules de synthèse issues de l’industrie ou de l’agriculture (pesticides et leurs produits de dégradation encore plus persistants, les métabolites), résidus pharmaceutiques et hormonaux issus de nos consommations et des élevages, sous-produits de la désinfection comme les dérivés chlorés, « polluants éternels » quasi indestructibles comme les PFAS, et même des fragments de plastique si petits (micro et nanoplastiques) qu’ils franchissent nos barrières biologiques. Ces contaminants, à l’échelle moléculaire ou nanométrique (la molécule d’eau elle-même ne mesurant qu’environ 0,3 nanomètre1), échappent totalement à notre perception sensorielle. Ils sont inodores, sans saveur, et ne troublent pas l’eau.
L’eau du robinet, malgré les traitements qu’elle subit (souvent limités et axés sur la désinfection plutôt que sur l’élimination des micropolluants), n’est absolument pas épargnée. Sa clarté apparente n’est qu’un leurre, une façade masquant une complexité chimique croissante et une « toxicité chronique » liée à l’exposition répétée, à vie, à de très faibles doses d’un cocktail de substances dont les effets synergiques sont largement ignorés. Personnellement, je préférerais boire une eau légèrement trouble issue d’une source naturelle, riche en sédiments argileux potentiellement bénéfiques, qu’une eau du robinet faussement rassurante par sa transparence. Croire qu’une eau limpide est une garantie de qualité est non seulement une erreur fondamentale, mais c’est aussi fermer les yeux sur les défis sanitaires et environnementaux majeurs de notre époque. L’eau agit alors comme un « poison indolore », dont les effets délétères, cumulatifs et différés, ne se manifesteront que bien plus tard.
Chapitre 18 : L’eau potable, une illusion administrative
Le terme « eau potable » est l’un des plus grands malentendus de notre époque. Nous avons été conditionnés à croire qu’il s’agit d’une garantie de salubrité, d’une eau que l’on peut boire sans risque pour la santé.
La réalité est bien différente — et l’administration elle-même ne parle d’ailleurs plus vraiment d’« eau potable » : le terme officiel, dans le Code de la santé publique comme dans la réglementation européenne, est « eaux destinées à la consommation humaine » (EDCH)2. Derrière ce sigle bureaucratique, la « potabilité » est avant tout une norme administrative : un ensemble de critères définis par les autorités sanitaires, basés sur la détection d’une liste limitée de contaminants et le respect de seuils maximaux pour chacun d’eux.
Cette approche, conçue à l’origine pour éradiquer les maladies microbiennes aiguës (comme le choléra ou la typhoïde), est aujourd’hui dépassée face à la pollution chimique chronique. Elle présente des failles fondamentales qui rendent l’appellation « potable » largement illusoire quand il s’agit de santé réelle et de prévention à long terme.
1. Des seuils administratifs, pas sanitaires
Les seuils maximaux autorisés pour chaque polluant (pesticides, métaux lourds, nitrates…) ne sont pas des « seuils de non-toxicité ». Ce sont des seuils de « risque acceptable »3.
Ils sont le fruit de compromis constants entre trois pôles :
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Les préoccupations sanitaires (basées sur des études toxicologiques, souvent sur l’animal).
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Les capacités techniques de traitement (ce qu’une station d’épuration peut réellement filtrer à grande échelle et à un coût acceptable).
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Les pressions économiques et industrielles (le coût de la dépollution, l’impact sur l’agriculture ou l’industrie).
Un seuil est donc un arbitrage : à quel « coût » (financier et technique) la société est-elle prête pour réduire un risque sanitaire (souvent chronique et diffus) ?
Le cas des PFAS (les « polluants éternels »), ces composés perfluorés issus des poêles antiadhésives, emballages ou mousses anti-incendie, est l’exemple parfait. Le Danemark a adopté des normes très strictes bien avant ses voisins, reconnaissant leur danger. L’Union Européenne n’a commencé à légiférer que très récemment, et la France reste en retard pour leur recherche et leur traitement4. L’eau que vous buviez hier, jugée « potable », sera peut-être déclarée « polluée » demain, non pas parce que l’eau a changé, mais parce que la norme administrative aura enfin (et trop tardivement) rattrapé la science.
2. On ne trouve que ce que l’on cherche
C’est le point aveugle le plus critique. L’illusion de la « potabilité » repose sur l’analyse de quelques centaines de molécules, alors que plus de 100 000 substances chimiques sont en circulation en Europe5.
Une eau peut être déclarée « conforme » tout en contenant un cocktail de substances potentiellement nocives qui n’ont simplement jamais été recherchées.
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Les Résidus Médicamenteux : Antidépresseurs, anti-inflammatoires, hormones de synthèse (pilule contraceptive), anticancéreux… Nos rejets urinaires saturent les cours d’eau, et les stations d’épuration actuelles ne sont absolument pas conçues pour les filtrer. Ils se retrouvent donc, à l’état de traces, dans l’eau du robinet6.
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Les Métabolites de Pesticides : C’est une pollution majeure et invisible. Un pesticide (la « molécule mère ») peut être interdit. Mais une fois dans le sol, il se dégrade en plusieurs « métabolites » (produits de dégradation) qui peuvent être tout aussi, voire plus toxiques. Pendant des années, on a contrôlé la molécule mère (qui n’y était plus) sans chercher ses métabolites (qui étaient partout). Ce n’est que très récemment, sous la pression d’enquêtes, qu’on commence à les chercher, révélant une contamination massive et insoupçonnée7.
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Les Nanoparticules : Issues des cosmétiques, des peintures ou de l’industrie, leur impact sur la santé et leur présence dans l’eau sont quasi inconnus, car leur détection est complexe et non réglementée.
3. L’effet cocktail totalement ignoré
La réglementation actuelle repose sur une vision toxicologique obsolète : évaluer chaque substance isolément. Elle fixe un seuil pour le polluant A, un seuil pour le polluant B, et un seuil pour le polluant C.
Mais elle n’évalue jamais ce qui se passe quand A, B et C sont présents en même temps, même si chacun est sous son seuil légal.
C’est « l’effet cocktail ». La toxicologie moderne a montré que les mélanges peuvent créer des synergies : à très faibles doses, plusieurs substances « légales » prises isolément peuvent, ensemble, produire un effet significatif8. C’est le drame des perturbateurs endocriniens : une dose infime de A, « légale », une dose infime de B, « légale », et une dose infime de C, « légale », peuvent, ensemble, mimer l’action d’une hormone et perturber notre système (fertilité, thyroïde, développement fœtal…).
Notre eau « potable » est une « soupe » chimique complexe dont les effets combinés sur notre santé à long terme sont la plus grande inconnue sanitaire de notre siècle.
4. La gestion par dérogation et changement de normes
Que se passe-t-il lorsque la réalité de la pollution est si massive qu’elle ne peut plus être cachée ? Deux outils administratifs sont utilisés, comme l’ont révélé de nombreux reportages d’investigation.
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Les Dérogations : Dans de nombreuses communes (souvent rurales), lorsque l’eau dépasse chroniquement les seuils (par exemple en nitrates ou en pesticides), la préfecture peut signer des « dérogations ». Ces dérogations autorisent, en toute légalité, la distribution d’une eau non conforme aux normes, pour des périodes « temporaires » (parfois reconduites des années durant)9. Le risque sanitaire est alors jugé moins important que le coût de la mise aux normes des infrastructures.
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Le Changement de Norme : C’est la pratique la plus insidieuse. Lorsque les enquêtes ont révélé que le chlorothalonil R471811 — métabolite d’un fongicide interdit en Europe depuis 2019 — était le résidu de pesticide le plus présent dans l’eau du robinet (détecté dans plus d’un prélèvement sur deux, et au-dessus de la limite réglementaire dans environ un tiers d’entre eux), le coût d’un traitement généralisé est apparu astronomique. La solution ? Relever le seuil. En avril 2024, l’ANSES a reclassé ce métabolite « non pertinent », faisant passer sa limite de gestion de 0,1 à 0,9 µg/L — sur la foi de données fournies par le fabricant du pesticide lui-même. D’un trait de plume, une eau « non conforme » un mardi devient « conforme » le mercredi, sans que sa composition chimique ait changé d’un iota10.
J’ai d’abord pris cela pour un épisode. Un coup de force isolé, spectaculaire, qu’on raconte comme une exception. Puis j’ai repris les analyses une par une, et j’ai vu autre chose.
| Métabolite reclassé | Limite avant → après | Applicable depuis |
|---|---|---|
| ESA métazachlore | 0,1 → 0,9 µg/L | 30 janvier 2019 |
| CGA 369873 | 0,1 → 0,9 µg/L | 15 mars 2019 |
| ESA métolachlore | 0,1 → 0,9 µg/L | 30 septembre 2022 |
| Chlorothalonil R471811 | 0,1 → 0,9 µg/L | 29 avril 2024 |
Quatre fois le même geste, en cinq ans. Toujours des métabolites de pesticides. Toujours la même limite de départ, un dixième de microgramme par litre. Toujours le même point d’arrivée, neuf fois plus haut. Et toujours le même mot pour l’autoriser : non pertinent.
Le chlorothalonil est le plus récent, et le plus large. Sur les analyses que j’ai instruites, 6 412, réparties dans 2 302 communes, se situent au-dessus de la limite qui valait avant avril 2024 et en dessous de celle qui vaut depuis : le seuil s’est déplacé, il les a laissées derrière lui.
On pourrait m’objecter que ces 0,9 microgramme par litre ne sont qu’une valeur de vigilance — une indication, pas une obligation —, et que rien de contraignant n’a donc bougé. Sauf que le reclassement a produit un second effet, celui-là sur une limite qui, elle, engage. Les pesticides sont aussi jugés collectivement : leur somme ne doit pas dépasser un demi-microgramme par litre, et cette limite-là est opposable. En cessant d’être « pertinent », le métabolite est sorti de l’addition. 255 analyses, dans 103 communes, dépasseraient ce total s’il y était encore compté. Elles ne le dépassent plus. La chimie de ces eaux n’a pas varié d’un iota ; c’est la liste des molécules qu’on additionne qui a changé.
Un mot sur la façon dont j’obtiens ces chiffres, parce qu’ils ne valent que par là. La limite appliquée à une mesure est toujours celle qui était en vigueur le jour du prélèvement : comparer une eau de 2023 aux règles de 2026 fabriquerait un écart qui n’a jamais existé. Quant à la grille de 2015-2016, elle est reconstituée à partir d’une instruction officielle de décembre 2020 ; c’est une reconstitution, et je la donne pour telle. Pour les quatre métabolites de ce tableau, en revanche, il n’y a rien à reconstituer : la limite d’avant, c’est 0,1 microgramme par litre, la limite générale des pesticides, celle qu’écrit la directive européenne.
Ce n’est donc pas la pollution qui a reculé. C’est la règle qui s’est déplacée. Chacun peut le vérifier, commune par commune, sur l’observatoire que j’ai ouvert à cette fin : eau.yannick-mytae.fr. Les chiffres cités ici ont été relevés le 21 août 2026 ; ils sont actualisés sur l’observatoire.
Conclusion
L’eau dite « potable » est donc, au mieux, une eau dont les contaminants connus et recherchés sont, individuellement, en dessous de seuils administratifs de « risque acceptable ». Cette norme ne tient compte ni des polluants émergents, ni des effets cocktails, ni des risques chroniques.
Il est essentiel de sortir de cette illusion pour aborder la question de l’eau avec lucidité et reprendre notre responsabilité.
Les notes appelees par cet extrait
Footnotes
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Diamètre de la molécule d’eau ≈ 0,27–0,30 nm. ↩
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Le terme réglementaire n’est plus « eau potable » mais « eaux destinées à la consommation humaine (EDCH) », défini à l’article L. 1321-1 du Code de la santé publique et par la directive (UE) 2020/2184 (transposée par l’ordonnance n° 2022-1611 du 22 décembre 2022 et le décret n° 2022-1720 du 29 décembre 2022). La qualité est fixée par l’arrêté du 11 janvier 2007 (modifié le 30 décembre 2022) : liste finie de paramètres, seuils chiffrés. ↩
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« Seuils de risque acceptable » : les valeurs réglementaires dérivent de valeurs toxicologiques de référence assorties de facteurs de sécurité ; l’arbitrage santé/technique/coût est une lecture critique partagée (UFC-Que Choisir, Générations Futures, Cour des comptes). ↩
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Directive (UE) 2020/2184 : « Somme de 20 PFAS » à 0,1 µg/L, applicable depuis le 12 janvier 2026. Le Danemark a fixé dès 2021 le seuil le plus strict d’Europe (≈ 2 ng/L pour 4 PFAS). Voir 4. ↩
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Inventaire EINECS ≈ 100 000 substances ; ~26 500 enregistrées sous REACH. Voir 2 / 13. ↩
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Résidus médicamenteux : excrétion urinaire, STEP conventionnelles peu efficaces, traces (ng/L) au robinet. ANSES, Résidus de médicaments dans les eaux destinées à la consommation humaine. Voir 5. ↩
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Métabolites de pesticides : molécule mère interdite mais métabolites persistants, contrôlés tardivement (campagne ANSES 2023 ; chlorothalonil R471811 ~57 % des eaux traitées). Voir 3. ↩
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Effet cocktail : des substances à doses sub-seuils peuvent produire un effet combiné (Silva, Rajapakse & Kortenkamp, 2002, Environ. Sci. Technol. ; rapports EEA « chemical mixtures ») ; l’effet est souvent additif, parfois synergique. Voir 10. ↩
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Dérogations préfectorales autorisant temporairement une eau non conforme (nitrates, pesticides) : code de la santé publique (art. R. 1321-31 et s.) ; documentées par UFC-Que Choisir, Cour des comptes. ↩
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Changement de norme avéré et chiffré. La limite de gestion des métabolites « non pertinents » est passée de 0,1 à 0,9 µg/L (instruction DGS du 18 décembre 2020). Appliquée au métolachlore ESA (reclassé non pertinent, avis ANSES du 27 juillet 2022) puis au chlorothalonil R471811 (reclassé non pertinent le 29 avril 2024, × 9, sur des données fournies par Syngenta ; l’autre métabolite, R417888, est resté « pertinent » à 0,1 µg/L). Chiffres réels : R471811 détecté dans ~57 % des prélèvements, > 0,1 µg/L dans ~34 % (campagne ANSES 2020-2022, publiée le 6 avril 2023) ; métolachlore ESA = 51 % des non-conformités des unités de distribution en 2020. Le « 80 % » initial n’était pas étayé (il correspond à la détection d’au moins un pesticide dans les nappes, SDES). Sujet documenté par Reporterre (2022), Le Monde (2023), Générations Futures ; reportage TV : Sur le Front (France 5, 25 nov. 2024). Voir 3, 15, 16. ↩